* Merci à Paul Verlaine et  son poème "Mon rêve familier".

Et à Julos Beaucarne qui l'a fort bien mis en musique.

Je sors cette phrase de son contexte, et pourtant, elle décrit très bien mon état d'esprit actuel.

Mon cancer a deux ans révolus.

Ou devrais-je dire : "feu mon cancer a deux ans révolus" ? On verra bien.

Que le temps passe vite (là je paraphrase Moustaki...).

Et je ne serai plus "Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre".

Cette maladie m'a profondément changée, plutôt en bien, je crois, car je suis semble-t-il bien moins chiante qu'avant ! "Ils" ne me le disent pas en ces termes, à la maison, mais je les sens plus relax. Car je le suis aussi.

Bon, c'est sûr que, ne bossant plus, je ne subis plus le stress quotidien généré par une entreprise en pleine restructuration.

Mais j'ai aussi appris à relativiser et à ne plus anxiéter pour des bricoles (que pour les bonnes raisons style l'éventuelle récidive, ça c'est quand même une bonne raison, vous en conviendrez ?)

J'ai aussi, tant bien que mal, appris à écouter mon corps quand il dit "stop ! Repos ! " et admis, (à mon corps défendant, mais néanmoins...) que je ne suis pas Wonder-Woman. Et du coup, je ne culpabilise plus pour un oui ou pour un non.

Etonnant, hein ?

Ben oui. Globalement, la vie est belle. Et je me consacre à ceux que j'aime (y compris moi-même), j'arrête de perdre du temps avec les autres.

Qui parfois m'en veulent, car je ne leur apporte plus mon oreille compatissante style "Mère Teresa" ou "Minie Grégoire" (les plus vieux apprécieront).

Et ben tant pis. Qu'ils me maudissent si ça leur chante, ça ne me fera pas de mal.

Je profite du temps qui me reste, que je passe au travers de ce cancer-ci ou pas, le temps m'est compté, il fallait ça pour que je l'admette.

Deux ans.

Déjà.

Et en même temps les souvenirs sont si proches. Les bons comme les moins bons.

Il y a une vie avant le cancer, et une après.

Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre....

double