Chère Martine,

c'est seulement la deuxième ou la troisième fois que nous nous rencontrons. Samedi soir, c'était à la super-fête d'anniversaire de notre nièce commune, la fille du frère de ton mari, et de ma soeur...

Pas le moment de causer de ce qui fâche, ma soeur m'en a quand même touché un mot en vitesse...

Et depuis, je pense beaucoup à toi.

Hélas, car ça veut dire que tu es malade.

Que tu as une tumeur au sein.


Quel courage tu as montré pour ne pas assombrir la fête !


Et pourtant, toi, ton mari, ton fils, et toutes vos familles étaient en vrac...

Tu as reçu LA nouvelle en pleine poire, sans doute, car personne ne peut s'attendre à ça.
Même si on le craint, on espère toujours que CA n'arrivera pas.
CA n'arrive qu'aux autres ! Je sais.

Et paf !

C'est toi.

C'était moi l'an dernier.

Paraît qu'une femme sur huit a, a eu, ou aura un cancer du sein. C'est énorme ! Dans ma rue, on est trois, et c'est une petite rue.

Alors, je te cause du fond du coeur.

Je vais te causer souvent si tu le veux, sans faire ma "madame-je-sais-tout", (en tous cas je vais essayer), en toute simplicité, de femme à femme.


Je ne vais pas te raconter des craques, ça ne va pas être de la tarte, tu vas traverser des moments très durs, toi et ta famille allez bien morfler, parfois. Les moments durs, tu commences déjà à les vivre, depuis l'annonce et avant ta première chimio (bientôt) et avant l'intervention chirugicale qui suivra sans doute.

Terreur, douleur, panique, nausées, fatigue et j'en passe.

Plus rien ne sera plus jamais comme avant. Il y a la vie avant avant le cancer, et il y a la vie pendant.

Et surtout, surtout, il y a une vie APRES.

Certes. Facile à dire, hein ?

Une maladie grave, (pas que celle-là, mais mais cette saloperie fait partie des maladies graves) change la donne et la façon d'appréhender son existence, ses projets et ses relations aux autres.

Et pis le cancer du sein se soigne, c'est même l'un de ceux qui se soignent le mieux !

Bien sûr, on a tous dans son entourage le souvenir de quelqu'un pour qui "ça" s'est mal passé.

On a tous entendu parler de machine ou de machin, qui a été guéri, mais avec telle ou telle séquelle...

On retient le mauvais, pas le bon. On a tous aussi connaissance de gens qui s'en sont remis et sont en pleine forme. Mais comme ça, là tout de suite, on n'y pense plus. C'est une réaction normale et humaine.

Tu vas te battre !

Et tu vas la gagner cette bataille !
Pour toi, d'abord, et avant tout, car le moral, c'est la moitié de la guérison, au moins !

Pour ton mari, tes enfants et tous ceux qui t'aiment (et pour moi aussi, en passant)

Tu DOIS te battre !

Ton entourage et l'équipe médicale seront là pour toi, et uniquement pour toi, car ton cancer est UNIQUE, personne ne va ressentir ce que tu ressens, personne ne pourra prendre ta place, personne n'aura le même traitement que toi : tu auras ton protocole personnel mis au point par des gens extrêmemnt calés, à qui tu peux et tu dois avoir toute confiance. Cette équipe, onco, chirurgien, et le personnel soignant (la plupart du temps volontaire pour bosser dans un service d'oncologie) seront là auprès de toi, pour toi et personne d'autre pendant tous les moments qu'ils passeront à tes côtés. Pendant ces instants, tu seras la star, l'unique, on s'occupera de TOI, en sachant ce qu'on fait.

Et aucune personne "passée par là" comme on dit, (valable pour moi aussi, moi y compris, d'ailleurs) ne pourra te rassurer et t'insuffler la force de te battre.
Il n'y a que TOI qui puisse le faire, pour toi, et pour ceux qui t'aiment.

Cette force tu vas la puiser au fond de toi.

Je compte sur toi.

 

Après ce laïus, ce modeste blog qui relate mon vécu à moi, t'aidera peut-être. Je l'espère.
C'est le but de ce message.
Je n'y pratique pas la langue de bois, j'y ai mis quelques renseignements, informations, astuces, mésaventures drôles ou pas, vécu, dans un langage moins que chatié, et j'y ai mis beaucoup de dérision et d'auto-dérision, d'humour et même d'humour noir, parce que je fonctionne comme ça, au risque de choquer les "bien-pensants".
Tenir ce blog m'a aidé, mais je suis rédactrice. Chacun, chacune doit pouvoir trouver le ou les moyens de faire face à cette terrible épreuve à sa manière, en faisant ce qu'il aime...

Tout moyen est bon pour garder le moral et la force de se battre, je ne le répèterai jamais assez.

La vie est belle malgré tout. Alors il faut tout faire pour qu'elle le reste le plus possible. Même pendant les traitements. Même quand on se sent inutile, qu'on se sent le "boulet-qui n'arrive-plus-à-suivre", même si on culpabilise (quand même alors qu'il ne faudrait pas, mais on a été élevée comme ça, nous les femmes) parce qu'on ne sait plus faire le ménage (on s'en fout, c'est pas grave, c'est un exemple).

Même quand on a la trouille que "ça" revienne, comme c'est mon cas.

Je ne vais pas répéter ce que j'ai déjà écrit dans le passé, comme il y a urgence, je vais te mettre des liens que je pense utiles, comme ça, tu trouveras facilement les messages dont tu as peut-être besoin.

Je t'écrirai de temps en temps, et je prendrai de tes nouvelles via soeurette.

Si tu veux, on pourra aussi se voir pour papoter. L'idée, c'est que je suis là si tu en as besoin. Et si tu n'en as pas besoin, ça ne m'empêchera pas de penser à toi, na !

Je t'embrasse très très fort.

Haut les coeurs, on y croit !

Edith

PS et voilà pour commencer :

 1 / un petit gag pour te mettre dans l'ambiance

2/ Coupe tes beaux cheveux avant, c'est moins hard.

3/ Les bienfaits du coca pendant  ta chimio

4/ Mon protocole à moi : la guerre est déclarée (en mode humoristique)