Ce matin, 9 h 30 mon téléphone portable sonne !

Il sonne rarement aussi tôt, voyons ! Car je me suis recouchée, je bouquine, je l'ai laissé en bas, et le temps de descendre mes deux étages, même pas la peine, j'aurai un message (qui peut attendre, je ne vais pas me rompre le cou dans les escaliers, j'ai survécu à pire, ce serait trop con ! )

Pour une fois, j'étais à proximité de mon machin, en train de boire mon quatrième café.

Ben oui, depuis toute petite, je me lève vers les 6 heures (merci Papa chéri pour le raffût que tu faisais à cette heure-là, et dont, bizarrement, j'étais la seule victime, ce qui nous laissait un court moment d'intimité rien que nous deux dans la fumée de tes Gauloises allumées bout à bout dans notre kitchenette -le mot n'existait pas encore alors- de 9 m2 environ. (ça vous étonne que je fume comme un sapeur depuis.... ce temps-là moins 7 ans d'abstinence 2000- 2007, j'en ai déjà parlé ici).

Moments privilégiés, que ne donnerais-je pas, là tout de suite, pour en partager juste encore un petit, mon Papa chéri. C'est fou ce que tu me manques quand j'y pense. (J'évite, c'est mauvais pour mon moral et mon taux d'alcoolémie, soit dit en passant)

Mais je m'égare (comme d'hab, me direz-vous.) Ben oui.

Bon, bref. Que disais-je, déjà ? Ah oui, mon fil-à-la-patte (autrement dit mon tél portable) sonne, pour une fois, je ne suis pas encore repartie me re-pieuter avec mon bouquin, pourquoi déjà, sais plus.

Z'avez vu comme je fais durer le suspense là ? Je vais me recycler scénariste de thrillers.

Bon, allez, j'ai pitié de vous.

Je peux partir en retraite, sans décote ni rien, grâce à mes bons et loyaux (? la plupart du temps) services le 1er Janvier 2019, soit la semaine qui suit mon soixantième anniversaire !

Et, du coup, je sui éligible au départ en pré-retraite (plan de départ volontaire mis en place par ma belle entreprise que j'aimais tant et qui n'a de cesse de se débarrasser de moi depuis 2009) au 1er janvier 2016 !

Soit à 57 ans révolus.

Lalalère !

Pom pom tralala !

Laaaa la la laaaaa laaaaaaaaaaaaaaaaa !

Jamais été aussi contente d'avoir abandonné des études que j'aurais (forcément) réussies vu que j'étais (je suis) une bonne élève.( (T'as ka relire comment que j'ai suivi scrupuleusement mon traitement, que j'ai JAMAIS loupé une séance de chimio (sauf une fois mais la toubib avait décidé et prévenu, c'était mes lymphocytes qui se remettaient mal de leur gueule de bois de la fois d'avant) ou de radiothérapie (mon petit Greg, c'est le moment de corroborrer mes dires silteup)). 

Lustucru ? (euh l'eusses-tu cru ?) Je suis ravie ravie ravie. Pourtant qu'est-ce-que j'ai aimé cette entreprise, bosser pour elle, et mon (mes) métier(s), et mon (mes) formation(s) et évolution(s).

Mais là, j'en peu pu. Serai plus jamais celle d'avant physiquement, et question reconnaissance, première de la classe, CARRIERE (avec un grand C), va te faire voir chez les grecs, ai failli être virée en 2009, depuis, plus rien n'est plus comme avant. J'ai plus la niaque, je suis un pion.

Les compétences que j'ai acquises en 35 ans de Redoute (ben oui, ça y est je le lache, je suis -encore- conceptrice-rédactrice à La Redoute - ce qu'il en reste) pourront me servir ailleurs bénévolement (puisque je serai en pré-retraite payée)
Et basta, nul n'est indispensable, cette boîte tournera -ou pas - sans moi, m'en fous.

18 mois.

Ne restent que 18 mois au statut de salariée.

C'est peu.

C'est énaurme pour me faire à l'idée !

C'est plus qu'il ne faut pour organiser ma vie d'après.

D'ici là, comme je suis dépressive chronique (un tout petit peu moins depuis ce matin), je joue la montre, et je suis honnête, je ne m'en cache pas.

S'il le faut, je reprendrai le boulot.
Par ci par là.
Juste histoire de revoir mes copines, de taper la discute, de faire une belle ouverture : la page SAM BARON, ouverture du linge de maison du dernier opus, les textes, c'est moi, y compris l'édito auquel Sam himself n'a rien trouvé à redire !
Merci à Dédel pour les superbes images, bosser avec toi, décidément c'est -était ? - que du bonheur !

Bon, voilà, je suis presque retraitée, le temps passe si vite, je ne l'ai pas vue venir, celle-là, je suis partie en congés de Noël, je me suis légèrement suicidée, et dans la foulée, on m'a diagnostiqué un cancer...
retour à mi-temps catastrophique, le physique n'était pas au rendez-vous, quant au moral, je n'aurais pas pu choisir pire période pour revenir.
Echec et mat.

Veux plus bosser, ça veut pas dire que je serai inutile. M'occuperai de mes gosses, de mon compagnon et de ma maison (dans la mesure où je n'ai plus qu'un bras, ce qui diminue les corvées que je suis bien forcée de déléguer).

M'occuperai en bénévolat, après tout, je suis bonne en français (contact pour cours aux étrangers), je touche un chouïa ma bille sur un PC, contact pour assiter l'intervenant au centre social pour les cours d'initiation, j'irai à la piscine, comme ma copine Catherine (coucou la belle bronzée) me l'a proposé, le temps passe vite !

Voilà. Je suis contente, qui l'eut cru ?

Et soulagée.

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