Comme je m'auto-proclame nominée et nommée la meilleure scénariste du meilleur scénario (catastrophe) de ma vie, je vais faire comme en vrai, au vrai festival de Cannes.

Car hier, j'ai oublié l'essentiel : (quelle conne) remercier toutes celles et tous ceux sans qui cette récompense (pour "la meilleure malade du monde", titre du film) ne m'aurait jamais été attribuée :

      - d'abord mes tout proches : Chéri-chéri, Grand-Fiston et Gazelle Jolie, qui ont subi un stress effroyable, au moins égal au mien, quand la nouvelle est tombée, quand j'ai été hospitalisée (DEUX fois), quand j'ai subi mes six séances de chimio (avec les effets secondaires malodorants, entre-autres, mes prouts pestilentiels, mes hauts-le coeur, ma mauvaise humeur, mon stress, et j'en passe), quand ils ont dû ralentir le pas lors de nos balades (à Audresselles entre autres) car je n'étais pas en état de les suivre, un vrai boulet, je vous jure, quand j'en fichais pas une ramée à la maison (disons-le tout net, tout le temps), quand j'ai subi mes rayons (quoique, à ce moment, c'était déjà nettement plus cool  qu'en chimio), et qui ont, pour terminer, subi mon stress à l'idée de passer cette mammo pendant des semaines, et les remèdes discutables que j'ai utilisés pour me calmer les nerfs. Pardon de vous avoir infligé tout ça.

   -  Ensuite, tout le corps médical qui m'a prise en charge (par ordre d'entrée en scène) :

  • le radiologue, Mohamed B. qui a interprété la première mammo, décidé de faire une écho, puis une biopsie dans la foulée, et qui a pris la peine de m'anesthésier sur le plan local pour que le prélèvement soit indolore. Il s'est voulu doux et rassurant, ça m'a pas vraiment marché la rassurance, mais l'anesthésie, oui.
  • le chirurgien, Thérèse L., et son équipe de charmantes infirmières et aides-soignantes du service de chirurgie, gentilles comme tout, tout comme le brancardier sympa qui m'a fait rigoler avant d'entrer au bloc pour la deuxième fois.
  • l'oncologue (Sylvie R de C.) avec qui j'ai discuté de vacances en Rhodésie (les siennes, j'aime pas l'avion), de séminaires à Washington (idem), qui a bien voulu rigoler quand je lui ai demandé de m'irradier le sein droit aussi, vu que le gauche était trop gros, à cause des rayons...pour faire symétrique.
  • les infirmières de chimio, et toute l'équipe, qui non seulement m'ont accompagnée pendant ces rudes séances, m'ont dorlotée et fait rire, mais ont pris la peine de me souhaiter mon anniversaire et un joyeux Noel, plus de quatre mois après l'arrêt des séances.

La preuve :

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L'autre carte, celle de Noël, je ne la montre pas, vu qu'il y a la photo de Sandrine et de Céline, et que je respecte leur droit à l'image. Merci à Pierre à qui incombe l'importante mission de faire rire les patients en leur servant un café (pas mauvais) et des pâtisseries durant les séances.

 

  • Et enfin, toute l'équipe de radiothérapie de la clinique du Bois dans notre chef-lieu de département/région, sympas, patients et rassurants, avec une mention particulière pour Greg B (alias Matisse, alias Doisneau), mon ami de FB, le chouchou de ces dames en salle d'attente, qui, hélas, n'exerce plus à cet endroit, ce qui m'interdit de rechuter, soit dit en passant...
    Greg, j'espère que tu reprendras vite des fonctions similaires, tous mes voeux t'accompagnent.
  • Les divers faiseurs de scanners, de syntigraphies et diverses réjouisances...que j'ai pu croiser.

Merci à vous tous, vous faites de rudes métiers, profond respect pour votre empathie et vos connaissances techniques médicales.

 

      - Je n'oublie pas non plus mes très proches :

  • Ma mère, à qui on ne la fait pas, mon frère et ma soeur, toujours présents en pensée malgré la distance ou le manque de temps, ainsi que leurs familles respectives. Mon oncle et parrain qui a téléphoné TOUS LES SOIRS pendant des mois. Ma cousine Béa. Lucie, ma belle-nièce, Céline ma petite-cousine de Bordeaux, ma Cathy des environs de Beauvais et sa fille Marjorie. Soyez remerciés de votre patience et de votre tolérance, merci de votre soutien sans faille. Pardon à ceux que j'oublie le cas échéant...yen a, suis sûre...
  • Ma meilleure amie depuis trente ans à présent, (ouais ouais 1984/2014, ça fait trente ans)  Géraldine, qui, depuis tout ce temps supporte mes élucubrations, mes crises de désespoir et tout le reste sans faillir et en me gardant son amitié, ce dont je suis très fière, et chez qui nous venons de passer un merveilleux week-end prolongé dans la région de Nantes. Merci pour tes mails et tes coups de fil sans fil ma chérie.
  • Ma deuxième meilleure amie (depuis seize ans), Virginie, présente tout au long de cette (més)aventure, sans oublier Stéphanie et Nora, collègues et néanmoins amies. Merci les filles, ça fait chaud au coeur. Et merci au mari de Virginie pour ses prières, qui sait, peut-être ont-elles été entendues, va savoir....Patounette la fidèle....

     - Et des moins proches mais quand même...

  • Tous mes collègues et copains super-sympas qui se sont manifestés en commentant ce blog ou mon Facebook...ou en envoyant des SMS :
    Patrick V, Sophie S, Marjorie H, Lau WG...
  • Des collègues dont je ne pensais pas être autant appréciée, et qui pourtant, se sont manifestés, et très souvent.
    Merci notamment à MY, Sophie S, Béné, Bernard W, ...
  • Mes copines connues à l'HP, qui m'ont encouragée par leurs messages rigolos (ou pas, selon les jours). Catherine, Vivi, Sonia, et les autres...
  • Mon fan-club de lecteurs fidèles de mon blog (si si si, n'est-ce pas, Baronne, ou Lazzuli ? Ravie de vous avoir rencontrées, ça va durer ?)
  • Ma perruquière si sympa, douce et patiente quand j'ai essayé la moitié de son stock de prothèses capillaires ! 
  • Mon taxman, SAM, l'homme parfait ! Tous les jours, et à l'heure. Merci pour Led Zep et ACDC entre autres dans votre voiture !
  • Ma kiné adorable, Isabelle, qui continue de caresser mon bras trois fois par semaine, sans se lasser et avec une patience d'ange.

Pardon à ceux que j'oublie. Merci d'exister et d'être là. Et d'avoir du coeur.

 

 

Bon, à présent, je ne remercie pas :

 - le docteur de C., oncologue et époux de la mienne, que j'ai rencontré une fois en l'absence de sa femme, et qui est parfaitement antipathique. Mais sans doute efficace. Quel bol j'ai eu de ne pas tomber sur lui pour l'ensemble de la prise en charge, il est du genre qui rit quand il se brûle !!! J'aurais spleené un max !

- Les gens dont je me croyais proche, ou au moins appréciée, et qui ont respecté un silence de mort, sans doute pour ne pas me déranger dans mon repos... Et ceux qui m'ont virée de leurs contacts Facebook car, oui,  je suis assommante avec mes élucubrations épistolaires, certes, mais bon...
Pas une grande perte, j'ai fait de très très belles rencontres qui les ont remplacés avantageusement. Un peu de tri, ça ne fait pas de mal.

L'aventure, dans sa partie intensive tout au moins,  arrive à son terme, à présent ne restent que les contrôles plan-plan et la pilule anti-hormones matinale, mais ne vendons pas la peau de l'ours, une récidive n'est pas (encore exclue).

Il y aura dorénanavant un AVANT le cancer, et un APRES, ma vie a été changée en profondeur, même s'il reste du boulot, c'est grâce à votre aide à tous que j'ai éradiqué le monstre.

Merci, merci, merci

cannes