Je parle de Dominique car c'est tout frais, elle est partie hier en retraite, mais que sont mes amis devenus ?
Toutes celles et ceux avec qui j'ai eu plaisir à travailler et qui ont quitté cette entreprise bien mal partie et en passe de nous quitter, nous, les survivants (et jusqu'à quand survivrons-nous...)

Je pense à vous, Marylin, Isabelle, Marcelle, Dany, Fred, Nico, et tant d'autres que j'ai croisés.... avec plus ou moins de bonheur.

Je pense même à vous, mes "tortionnaires du quotidien", qui remettaient en cause mes beaux listings de chiffres complètement faux, même pas encore secs au sortir des imprimantes...En fait, je vous aimais bien, en ce temps-là nous nous respections les uns et les autres, et si nous avions encore l'amour du travail bien fait, et même si nos échanges étaient parfois houleux, jamais nous n'en sommes arrivés aux mains, aux crachats, aux injures.

Pas la bonne semaine pour revenir décidement...
Suis claquée, HS, bonne à pas grand chose, même si j'ai renoué avec la sarabande des mots de passe oubliés, même si j'ai été super bien accueillie par plein de gens dont je n'aurais pas forcément pensé qu'ils eussent remarqué mon absence.

J'ai bossé, ça oui, un peu. Chef vénérée vient de me rendre ma copie, presque parfaite, c'est dire, quel talent quand même...

Dommage, j'adore mon boulot.

Dommage, car je ne reconnais plus cette entreprise où j'ai passé 34 années de ma vie (déduction faite de l'an dernier où je n'ai pas été présente du tout du tout).

Je pense à vous, tous ceux que j'ai croisés, rencontrés, détestés parfois, mais qui avez la chance d'être chez vous, loin du bruit et de la fureur que j'ai observée ici, dans la cour.

Consternant et contre-productif à mon sens.
Les "pour" d'un côté, les "contre" de l'autre, la haine à l'état brut partout, et la télé au milieu. On va encore défrayer la chronique, mais à quel prix ?

Chacun a le droit d'avoir son opinion. Je respecte.

Mais pas de l'exprimer n'importe comment. Je persiste et je signe. La violence n'a jamais rien résolu.

C'est la Saint Barthélémy.

Et je ne reconnais plus mon entreprise. Je ne me reconnais plus dans mon entreprise.

Je n'y ai plus ma place, peut-être, pas comme ça en tous cas. Nul n'est indispensable, hein, Dominique ?

Moche, moche printemps.

Quel dommage.

Pour tous les salariés.

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