Hé oui, c'est la pensée du jour !

Je viens de me peser après la douche, et malgré les fêtes et les excès commis, j'ai encore perdu un kilo !
Dans la série "Petits bonheurs du jour", ça fait un !
Bon, j'ai une petite crève et une tension très très basse, ceci explique peut-être cela, mais ça ne m'arrange pas pour ma démonstration (rires).

 

        Quand je travaille (travaillais ? On verra ? Les news de l'Entreprise ne sont pas bonnes du tout), j'avais toujours le coup de barre d'onze heures...
Et je buvais systématiquement, depuis au moins vingt ans, mon bouillon d'onze  heures, c'est le cas de le dire : 20 cl d'une soi-disant soupe tomates (j'avais BESOIN d'un truc salé), gracieusement délivrée par le distributeur automatique du palier pour la modique (?) somme de 25 centimes aux dernières nouvelles, hyper-salée (ça, j'aime bien, mais trop de sel nuit grave aussi), et dont la composition n'est pas communiquée, ce qui vaut mieux, sans doute, car ça doit nuire grave aussi.
Plus de bouillon d'onze heures, moins d'embonpoint. Moins d'embonpoint, meilleure santé ! CQFD.

         Quand je travaille(ais), la plupart du temps, je me contentais d'un sandwich (ou même deux, ou d'une quiche + soupe fraîche), que j'avalais à tout berzingue devant mon ordinateur du bureau, pour mettre à profit mon temps de pause à faire enfin des trucs intéressants : surfer sur la toile, mettre à jour mon facebook, lire la presse en ligne et les critiques littéraires..., et tout ce qui me faisait envie sur le moment, au hasard des liens).

Outre le fait que manger vite et en faisant autre chose nuit grave à une bonne digestion, ce régime pas vraiment diététique nuit grave aussi au tour de hanches !

Sauf les jours où je déjeunais avec mes amies, jours où j'en profitais pour me gaver de frites mayo. (Nuit grave à l'embonpoint, mais remonte le moral qui en a bien besoin, voir ci-dessous)
Et quelques rares déjeuners à la cantoche avec mes collègues de bureau,  - mais rares, ce n'est pas parce qu'on travaille ensemble sans l'avoir vraiment choisi, qu'on a envie de passer tout son temps avec ses collègues, si charmants et intéressants fussent-ils(elles), - et où parfois, je remplaçais les frites par une bonne purée bien béton ou une platée de nouilles.

C'est vrai, quoi, avec une salade composée, j'ai faim une heure après (oui, j'ai bon appétit).

Je ne vais pas vous mentir non plus, à la maison, si je suis seule, je ne mange pas QUE de la soupe au déjeuner, même plutôt rarement en fait, je me réserve pour le soir. Je bouffe rapidement un vague reste de la veille au soir qui traîne, ou même parfois (si vous saviez comme j'ai honte ! ) un hamburger acheté au rayon frais, d'une grande marque a priori fiable. Mais je mange sans RIEN faire, assez rapidement, mais finalement assez peu en quantité. Toute seule, c'est pas marrant.On a moins faim.
Sauf quand je me déplace pour aller déjeuner avec mes amies près du boulot, et que je me gave de frites, évidemment !

Voilà pour la partie alimentaire de la vie d'une travailleuse.

        

          Depuis que je suis à la maison, je n'ai plus besoin de déployer des stratégies improbables (traduisez : des ruses de sioux) pour éviter la collègue-qui-ne-va-jamais-bien, et qui guette mon passage dans le couloir pour déverser, en abusant sans scrupules de mon empathie légendaire, ses soucis, toujours les mêmes, et qui ne se règleront jamais, quoi que je puisse lui dire pour la réconforter, vu qu'elle se complaît dans son malheur...Bon, je pense à une en particulier, qui a quitté l'entreprise, mais il y en a d'autres, même si elles sont moins gravement au fond du trou (disons que leur trou est moins profond, peut-être).

Heureusement, tout le monde n'est pas au fond du fond du trou, et les grosses poilades subites et débridées me manquent aussi, même si j'ai de grosses poilades aussi chez moi parfois, pour préserver ma santé morale.
Et les grosses poilades, au boulot, ce n'était pas toutes les semaines, loin s'en faut.
Les grosses poilades ne nuisent pas grave, elles assurent grave une bonne santé, au contraire.


Ellaborer des stratégies d'évitement, et/ou se prendre (quand même) de plein fouet les malheurs au long cours de Machine, qui est rusée elle aussi, c'est fatigant ! Et la fatigue nuit grave à ma santé !
A la maison, je choisis qui je vois, voisins, commerçants, employés de l'HP... et j'ignore royalement ceux qui m'emm ne me reviennent pas.

Revers de la médaille : mes amies et collègues chéris qui me plaisent, avec qui je partage des trucs sincères, me manquent à fond, mais ce manque ne nuit pas gravement à ma santé, vu que je peux les voir assez fréquemment.
Bon, je suis consciente que "loin des yeux, loin du coeur" et que si j'arrête (tais ?) définitivement de bosser, rares seraient les collègues (pas mes vraies amies du boulot, enfin j'espère) qui ne m'auraient pas oubliée un an après mon départ... Mais bon, j'assume, c'est normal, c'est la vie.

Voilà pour la partie relationnelle de l'employée de bureau !

      

          Quand je bosse (ais ?), tous les matins et tous les soirs, je me tapais des embouteillages de la mort qui tue (enfin non, justement, à cette vitesse-là, pas de danger), et je m'énervais, mais alors, je m'énervais...Vous n'imaginez pas ! 
Mes gosses m'appelle "La Tourette" (comme le syndrome de) quand je suis en bagnole dans un embouteillage ! Et en plus, j'avais pour habitude d'écouter France-Inter, et son cortège de nouvelles matinales dramatiques et/ou immondes et/ou juste plombantes (je ne critique pas FI, c'est pareil sur toutes les chaînes de mon autotadio à cette heure-là). J'avais juste envie de retourner digérer tout ça sous ma couette, alors que je n'avais même pas encore atteint mon bureau ! Le soir, émissions plus distrayantes, heureusement. En plus, ça me coûtait plein de sous, ces trajets quotidiens. Oui, j'ai choisi d'être rurbaine, donc je vis au calme à 17 km de mon lieu de travail, c'est un choix, mais ça coûte en temps de trajet et en sous.

A présent, quand je peux, j'évite les heures de pointe, comme je dispose en général de plus de temps, je prends les chemins buissonniers, et j'écoute de la zique, CD ou radios pop/rock, en zappant les pubs débiles. Question infos, plus de radio, plus de télé, la presse en ligne suffit, et je sélectionne, je ne me prends plus les bad news de plein fouet non plus...

Et j'en suis même arrivée à respecter les limitations de vitesse, ayant plus de temps à ma disposition : ce qui ne nuit pas non plus à ma santé ! (Bon, j'avais aussi perdu trois points coup sur coup, ça calme, mais ça ne m'arrange pas pour ma démo).

Ahhhhhhh ! Quel calme, quelle zénitude, quelle absence d'angoisse ! Parfois, ça me rend anxieuse, d'être si calme !

Le calme ne nuit pas grave, au contraire.

Voilà pour les trajets d'une travailleuse  !

 

          Quand je travaille (llais?), je suis obligée, au risque de perdre mon âme, c'est bien le problème, justement, de rigoler aux blagues fallacieuses et/ou graveleuses et/ou machistes de gens soit-disant importants, que je dois fréquenter (à qui je n'accorderais même pas l'ombre d'un regard si je n'étais pas obligée), tout ça pour préserver de bonnes relations, pour le bien de l'Entreprise, certes, mais surtout pour avoir la paix, pour mon bien à moi !
Pareil, dire bonjour, sourire, et lalalilalère à des gens, juste parce que sinon, ils ont le pouvoir de me pourrir la vie grave !

         Les mêmes qui m'ont traitée de "conasse de rédactrice". Oui oui oui, croyez-moi, un individu en particulier, le criait haut et fort à travers l'open space - ses collègues commerciaux ne faisant que le penser tout bas- ou pas, deux fois, il s'est plaint de moi en ces termes à ma chef du moment, il voulait même me faire virer à mes débuts.
C'était son sport préféré, de dégommer les rédactrices qui débutaient et qu'il considérait comme SON personnel, à SON service, et qu'il avait plaisir à torturer au quotidien, alors qu'il n'était même pas hiérarchique sur ses victimes !
J'ai eu ma revanche trois ans plus tard quand j'ai quitté son secteur, il était tout triste, tellement je bossais bien ! Et toc !

Et bien obligée de supporter ça, de se sentir moins qu'une m..., grosse nulle, et de recommencer ce qui n'était pourtant pas si mal torché, globalement !

Cette sensation d'insuffisance, d'incapacité, générait un stress énorme, qui nuisait grave à ma santé !

Et le harcèlement moral au travail nuit grave aussi !  C'est très très très connu.
(Heureusement, j'ai à présent conscience de mes compétences réelles, mais ça aura pris du temps, et cet individu ne m'y aura pas aidée !)

Chez moi, rien de tout cela, à peine un peu d'agacement quand la vaisselle sale n'a pas été mise au lave-vaisselle par les gosses (c'est leur job), que le support de la douchette vient avec celle-ci au lieu de rester accroché au mur, ou quand la chatte décide que je dois faire concierge et ne fait qu'entrer et sortir pendant une heure ou deux, avant de retourner dormir sur mon lit.
Presque jamais de mots vifs, ou un peu hauts, presque plus de stress (ce qui n'est pas fait aujourd'hui, en général est fait le lendemain ou le surlendemain).

Bon... C'est pas tout ça, mais j'ai faim....

Toutes ces bonnes raisons, et la raison même de ce billet d'humeur (bonne), vous l'aurez compris si vous savez où je travaille et si vous avez écouté les infos ou lu la presse d'hier, c'est la méthode Coué, pour me consoler par avance si on ne me laisse pas reprendre je ne reprends pas.

Parce que ces nouvelles, elles, pourraient nuire grave à ma santé mentale encore fragile, en tous cas à protéger, alors, je dédramatise, je fais de l'humour...
Aussi parce que j'ai encore une lycéenne à la maison, parce que j'aime mon boulot et mes amis du boulot, que je m'ennuie quand même parfois à la maison, je n'ai pas l'habitude, il va y avoir 37 ans que je bosse à plein temps.

Parce que je pense à tous ceux qui n'ont pas encore 55 ans*, qui ont des enfants à charge, une maison à payer, ou juste pas les moyens de perdre leur emploi, etc...
Ce que j'ai eu la chance de vivre dans une relative aisance matérielle en ces bonnes années où la boîte faisait des bénéfices, où on avait des primes, en ces temps bénits où le travail était sinistré, certes, mais pas autant, où si on n'était pas trop bête et volontaire, on pouvait encore espérer se recaser, et où on ne savait même pas ce qu'était un plan social, ou en tous cas on ne se sentait pas concernés du tout, tant la santé de la boîte était bonne.

Alors, oui, je suis solidaire, et pis j'ai envie de reprendre le travail quand j'irai mieux, et pis...zut, sinon, vais mettre en danger ma santé, les pensées délétères nuisent grave ! Et ce n'est pas le moment, je dois penser à me requinquer d'abord.

Voili voilou, l'humeur de jour de la bombasse décidément presque plus fluorescente ni radio active, mais au corps de r^ve (pour son âge, s'entend)

Bises

 * (C'est mon âge, et 55 ans ne suffisent pas POUR LE MOMENT ET A MA CONNAISSANCE pour partir en pré-retraite aidée)

manif laredoute