Et voilà  t-y pas que je fais des titres façon Amélie Nothomb... Pas exprès en plus, c'est inné chez moi !

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Fruit de mes réflexions (oui, malgré ma blondeur*, il m'arrive de réfléchir, c'est rare, alors ça mérite d'être signalé ! Ceci était LE scoop du jour)Donc, voici.

DEVENIR n'est pas un mot approprié du tout quand on découvre qu'on a un cancer.

On ne DEVIENT PAS CANCEREUX, on ne l'est pas, et paf, l'instant d'après, on l' EST !

ON SE LE PREND DANS LA TRONCHE, BAM, et plus rien n'est jamais pareil.
Il y avait la vie AVANT le cancer, et puis, il y a le cancer.
Vu qu'on ne peut pas savoir si on est guéri, (la récidive, la rémission, lali lala, patati, patata, j'en ai parlé récemment), eh ben, faut s'en arranger.

Et quand on a accepté l'idée d'être malade d'un cancer, par moment on se demande si on EST SON CANCER. Si on n'est plus que ça, quoi...Et aussi si on NAÎT son cancer, aussi (moi, je me comprends, pas vous ? Z'avez pas tout suivi, alors ?)

Je suis mon cancer ?

Je ne suis QUE par et pour mon cancer ? Donc je suis, encore, c'est déjà pas si mal, non ?
C'est là, tout le temps, en tâche d'arrière-plan de mon ordi cérébral, ça mouline, ça ne s'oublie pas, ça envahit, ça obsède, ça tourmente.
En arrière-plan, mais quand même.

 

 

           Pour moi, le verbe "devenir" implique une notion de temps, de lonnnnnnnnnnnnnnnngue préparation, de transformation, d'apprentissage, d'acte réfléchi, raisonné, et, la plupart du temps, volontaire.

On DEVIENT érudit, virtuose (long apprentissage), amoureux (enfin, moi, les coups de foudre instantanés n'ont jamais permis une relation durable)

Pas forcément volontairement, on devient vieux, alcoolique, has been, perclus de rhumatisme, chauve (notion de durée, de temps qui passe), sauf en cas de chimio, bien sûr, exception, la calvitie est fulgurante, mais temporaire. (Voyez comme je retombe sur mes pattes en plein dans le sujet de ce blog, quel talent ! )

On devient con.
Enfin, souvent, des fois, c'est inné, c'est de naissance. Suivez mon regard (rires)
Et des fois, la transformation se fait instantanément en fonction des circonstances. (Moi au volant, par exemple, quand un con me fait ch..., il m'arrive de DEVENIR con aussi, temporairement, je râle, je l'insulte, j'm'énerffe).

Mais dans tous les cas, on DEVIENT TOUJOURS un vieux con aux yeux des jeunes générations (je le sais, j'ai été jeune ! )

Etc... Bref, vous avez compris l'idée générale.

       

 

          L'expression "en devenir", "le devenir", c'est le futur, c'est l'espoir, la jeune pousse qui présage l'arbre futur, le bébé qui préfigure l'homme, plus tard, voire le pur génie (Léonard de Vinci, Mozart....)

Le futur... Pas forcément non plus un terme approprié dans le contexte du cancer. On prend cruellement et brutalement conscience que le futur, le dévenr, c'est limité dans le temps. Même si on en guérit, on prend conscience qu'on est mortel. Qu'on naît mortel.

 

 

           Bon, en vrai, m'opposerez-vous, bande de finauds, sournoisement, en silence, le cancer survient, un jour, suite à on ne sait quelle mutation d'on ne sait quel truc qui se met à foirer, mais on ne le sait pas...encore.
Donc, ben si,  on pourrait pousser le raisonnement en disant qu'on devient cancéreux, certes, scientifiquement et/ou médicalement parlant, au fur et à mesure que la tumeur grossit en loucedé.

Sauf qu'on ne le sait pas, ça se fait insidieusement.


Et d'ailleurs, dès le foirage de la première cellule qui part en vrille, ne pourrait-on pas considérer qu'on EST cancéreux, déjà ? (voir Monsieur Jourdain, c'est pareil)


Mais quand on se prend la nouvelle dans la tronche, paf, on EST un cancéreux. Et le devenir se réduit soudainement comme peau de chagrin.
Chagrin, c'est le cas de le dire, comme l'araignée du matin.
Et plus rien ne sera jamais pareil.
Faut faire avec.

Et là, j'ai de la fumée qui me sort des oreilles, je pense trop, donc vais faire dodo ! C'est l'heure.

araignee

 

 

* toute relative, elle vire au gris fer...Ouais, j'ai des cheveux, nananère, un centimètre environ, gris fer. Mais la blondeur, c'est dans la tête.