épée-de-damoclès

*Merci à Balzac, même si son oeuvre est tombée dans le domaine public, et que j'ai le droit de pomper, cette fois !

Mardi, comme tous les mardis depuis que je subis une radiothérapie, j'ai vu mon oncologue.

Pas de brûlures, tout baigne, elle veut m'éjecter du bureau (toujours à la bourre, il y a ses consults, à l'autre bout du centre, les patients poireautent dans la salle des pas perdus, même s'ils sont assis).

Et là, qu'est ce que me prend-il donc ?
Je lui pose la question qui tue (qui la tue, elle, pas moi).
Heureusement qu'elle est résistante, elle a survécu, mais pendant un bref instant, son regard est devenu fixe, et vide, et elle s'est tue (ce qui est rare, rires).

Ma question était la suivante : "Docteur, que se passe-t -il après la radiothérapie ? Comment saurons-nous que ("que", hein, pas "si", je ne doutais de rien, à cet instant) je suis guérie ? Je vais faire des examens pour vérifier ?"

Donc, le grand blanc décrit ci-dessus...(10 secondes environ, quoi).
Puis, réponse (soigneusement formulée, elle doit avoir l'habitude de cette question à la con ! Oncologue, c'est un métier.)

"Petite Madame, on ne peut pas savoir... On va commencer l'hormonothérapie, pour 5 ans, vous allez revoir le chirurgien deux mois après la fin des rayons, (d'ailleurs prenez rendez-vous maintenant pour fin janvier.)
Et vous subirez une mammographie tous les ans.
Et un examen clinique deux fois par an.
Le risque de récidive est majeur pendant les 5 années qui viennent, ensuite, la récidive est plus rare, même si elle peut toujours survenir..."

J'étais convaincue que j'allais être déclarée guérie, moi !

Je vais devoir vivre avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête...

Je crois, en fait, qu'elle me l'avait déjà dit, mais j'avais zappé, je n'avais pas vraiment intégré, ni envisagé ce que ça impliquait...

Bon, en même temps, vivre avec, c'est vivre, et puis ça m'occupera quand j'aurai envie de cogiter un peu sur le sens de la vie et autres calembredaines... On va pas se plaindre, en plus ?

Décidément, depuis 9 mois que je répète que je n'ai pas qu'une bête appendicite, eh ben, voilà, j'avais raison ! (Whouais ! I am the best, comme d'hab). L'appendice, une fois enlevé, on n'en parle plus, finito. Le cancer, non.

Bon.

                                   Votre mère-Edith habituelle, perplexe encore une fois.

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