puanteur1

Il faut le savoir !

Ce n'est pas dans les gentils manuels gentiment délivrés par la Ligue, les Instituts etc... ("Comment vivre le cancer en famille...", "Le cancer pour les nuls" etc...dont je vous recommande néanmoins la lecture, même si vous n'êtes pas concerné, on y apprend plein de choses intéressantes quand même )
Non à la langue de bois !

La chimio, ça pue !

Le cancéreux (moi), parmi les joyeux effets secondaires, a l'impression d'avoir dans le nez une méchante odeur de vieil hôpital (vieux chou bouilli, vieille urine fermentée, vieux désinfectant pour sols et éther éventé...), ce qui est très réjouissant, dans la mesure où cette impression coupe l'appétit, et que du coup, le cancéreux perd à toute vitesse ses horribles poignées d'amour, son bedon proéminent, ses boursouflures aux cuisses et aux fesses.
Bon, certes. Le cancéreux, si c'est une cancéreuse (mais pas forcément que) perd aussi des seins. On ne peut pas avoir tous les bonheurs en même temps, non plus, ça serait indécent.

Et dans mon cas, moins il y a de sein, moins il y a de surface à irradier, chimiothérapiser, visionner par scan, écho, radios etc...Enfin, je crois.

Sauf que, et c'est un scoop que vient de me servir par inadvertance Chéri-chéri, ce n'est pas qu'une impression, cette mauvaise odeur (ou ce mauvais goût, ça va ensemble) !

En fait, il vient de m'avouer que, quand il rentrait dans la chambre, après que j'eusse passé la plus grande partie de ma journée à méditer sur les effets secondaires de ma chimio, il respirait un air saturé d'odeurs de chambre de malade : vieux chou, vieux médicament, (pas vieille urine, quand même, je ne suis pas - encore - tout à fait incontinente.). Donc ce n'était pas qu'une impression, mon corps de rêve, luttant comme il le pouvait contre ces poisons nécessaires mais empoisonnants, éjectait via mes pores et mon haleine, une odeur nauséabonde. Beurk, faut-il qu'il m'aime, hein ? Pour n'avoir rien dit.

Et encore, j'ai eu mes six chimios pendant l'été, donc aération +++, fenêtres ouvertes (surtout dans ma chambre sous les toits, par canicule, faut ouvrir où on meurt...), lectures sur la terrasse (quand j'étais capable de tenir debout ou assise, of course).
Que dire pour l'entourage d'un cancéreux qui subit ses chimios l'hiver ?

Et pour tout vous dire (non à la langue de bois), mon pipi, dès après la première séance de chimio, puait le médicament chimique, genre exhalaisons post-Seveso ou Bhopal de sinistre mémoire (y paraît que ça sentait mauvais, j'y étais pas, m'opposerez-vous avec raison, mais bon, c'est l'idée).

Eh ben, tenez-vous bien, presque deux mois après la dernière séance de chimio (13 Septembre dernier), mon urine sent encore mauvais, par intermittences, comme quoi, j'évacue encore du poison.

Comme quoi, ce qui est dit de façon politiquement correcte dans les gentilles brochures, à savoir que la chimio, c'est costaud, n'est pas une vue de l'esprit.

Bon, j'espère que je ne vous ai pas coupé l'appétit pendant votre petit-déj, si c'est le cas, acceptez mes excuses les plus plates, et souvenez-vous que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt (donc c'est bien fait pour vous, en fait, il est 9 h 20 quand même ! )

Salut, Enola Gay ne va plus tarder, et j'ai un peu de rangement à faire avant !

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