Elektra

Elektra, c'est le joli petit nom de la machine à bombarder les neutrons !

Ne pas confondre avec Electre, Elektra vient d'un comics, c'est plus comique que Sophocle, excusez-moi, suis une littéraire, mais faut pas pousser !

Même pas mal !

Hier, c'était la première salve, alors, exceptionnellement, pour vérifier les réglages (encore ? Oui, mais ça rassure ! ), j'ai eu droit à des électrodes sur mon joli thorax dénudé, électrodes qui ont été déplacées deux fois.

Le bombardement par lui-même, je n'ai rien senti.

Les côtés désagréables, c'est quand le gros bidule genre scyalitique:

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qui se déplace et trace des jolis traits rouges sur ma peau pas bronzée, se retrouve au dessus de mon oeil droit, paf, une lumière rouge en plein din m' noeul, et interdiction de bouger ne fût-ce qu'un cil (que je n'ai plus des masses de toutes façons, risquent pas de bouger beaucoup.)
Mais juste pendant 15 ou 20 secondes, c'est pas la mer à boire.

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Bon voilà une vue de la machine, Elektra est pareille, sauf qu'elle a choisi de faire des traits rouges.
[Et non, ma Floflo chérie, ce n'est pas toi sur la photo (rires). Dommage, on se verrait plus souvent ces temps-ci...]

Le deuxième effet kisscool, c'est le bourdonnement strident du machin pendant le bombardement, on dirait comme qui dirait le grincement d'une craie sur le tableau noir, voyez ? (Pour les jeunes qui me liraient et qui ne connaîtraient que le tableau blanc avec feutre effaçable, ou le "paperboard", imaginez le bruit de la fraise du dentiste, c'est un peu ça ! )
Pareil, pendant 15 ou 30 secondes, par bombardement, c'est pas la mer à boire.


4 bombardements en suivant, chacun de 15 ou 20 secondes.

  • Le premier, paf, en plein sur la tumeur que je n'ai plus.
  • Le deuxième, paf, en plein sur la chaîne ganglionnaire qu'on m'a enlevée (sous le bras).Bizarre, hein ? C'est okazou il resterait des cellules cancéreuses qui ne demanderaient qu'à réinvestir mon organisme délicat et accueillant.Zou, un coup de bombe atomique 5 jours par semaine, ça doit les faire réfléchir à aller se faire bombarder ailleurs...
  • Le troisième bombardement, sur la CGI (chaîne ganglionnaire [mammaire] interne, à peu près au dessus de mon sternum.)
  • Le quatrième, sur la chaîne sous-clavière, à peu près sous ma clavicule gauche (ben oui, pas la droite, banane, le cancer-que-je-n'ai-plus est situé à gauche.)

Pour votre info, avant la séance, on vérifie la DSP : distance Source/Peau.
Et la table sur laquelle je suis allongée est à 93°3. (Ne me demandez pas pourquoi, j'y comprends rien, c'est comme ça, c'est tout).

Et le bidule tourne selon des angles précis autour de ma petite personne, (de plus en plus petite, je maigris encore lalalère) dont le bras gauche est coincé dans des étriers au dessus de ma tête, et le visage charmant tourné vers la droite, pour éviter le coup de soleil asymétrique, sans doute.

Pas de parfum (déo et savon liquide achetés en pharmacie, merci Monsieur Roger C. qui propose ce genre de produits, dépourvus, cerise sur le gâteau d'alcool et de parabens. Bon, il y a sans doute d'autres cochonneries à la place, mais pas interdites en radiothérapie.)

Question sécurité, j'ai une jolie carte plastifiée, genre badge, avec mon nom et ma photo dessus, et un code à barres.
Je dois la présenter à chaque séance, et comme ma photo est aussi dans leur ordi, même si Matisse n'est pas là, (snif) on me reconnaît, pas de risque d'erreur. (A quand la reconnaissance via mon iris bleu cobalt ? Cobalt, c'est pas tout à fait vrai, mais ça fait bien, c'est de circonstance, rires)

Bon, en résumé, ça fait pas mal, et je perds plus de temps en trajets et à attendre le taxi aller et retour, qu'à me faire bombarder. (Encore une fois, merci Kindle)
[Et ma spécialement pour ma Wonder Fofie chérie, OK, je me ferai mesurer à ton compteur Geiger...et on arrivera bien à se causer autrement que par répondeurs interposés <3]

Et je vous dirai koi, ô chers amis lecteurs.
Là, faut que j'y aille, le taxman ne saurait tarder et je dois remettre ma perruque sur ma tête, mes clopes et clés et lunettes et kindle (ordre aléatoire, le tout est INDISPENSABLE) dans mon sac, et attendre Sam. Ben oui, mon taxman préféré s'appelle Sam. Parfois, il m'envoie un collègue charmant, mais c'est lui que je préfère !

Votre désormais inexorablement atomique Mère-Edith !