Mammo / écho prescrite :

quand il faut y aller , il faut y aller !

Bon, ça y est, c'est le grand jour, on n'a pas oublié le cas échéant de se munir de ses mammos antérieures, de sa carte de sécu et de celle de la mutuelle, on a fait un MAPPY ou réglé son GPS si besoin.

On a bien mangé, on a pris si besoin sa pilule de bonheur, on s'est fait beau(belle)*, ça occupe avant de partir, on a fumé sa(ses) clope(s), (vécu), on respire un grand coup, et on y va la fleur aux dents !

Evidemment, on attend son tour (z'avez déjà vu des toubibs à l'heure vous ? Moi pas).
On peut au choix :
- se tordre les mains, s'essuyer la sueur qui dégouline du front en regardant le programme pourri de la TV, ou mater les patient(e)s précédent(e)s ou suivant(e)s, (par en dessous, discrètement) ou téléphoner à Pierre, Jean-Jacques et Paul, pas du tout discrètement et malgré l'interdiction du téléphone portable dans l'hôpital, pour dicter sa liste de courses ou à tout autre sujet aussi crucial.(Moi, je ne fais pas, mais je l'ai subi).

- ou se replonger avec délices dans son polar qu'on a abandonné le temps de faire la route jusqu'au lieu du rendez-vous.
(Au passage, vive le Kindle, pratique et peu encombrant, il va servir tout au long du traitement si traitement il y a, et on peut lacher son polar s'il est trop gore, au profit qu'un bouquin de Coluche ou de Desproges (qu'on y aurra installé au préalable), ça détend.)

Bon, la mammo, c'est détestable, ça fait mal, mais on connaît.

On a affaire à un manipulateur en radiologie qui va bien se garder du moindre commentaire, ce n'est pas dans ses attributions et c'est bien comme ça.
Et le temps que la radio soit développée, on n'a pas de réponse, on attend encore (voir ci-dessus comment passer le temps, on a même celui d'aller en cloper une ou se prendre un café).

Puis arrive THE radiologue, qui va raconter la mammographie (normal, c'est comme d'hab) et qui va procéder à l'écho.
ça se corse, comme aurait dit Tino.
Mais là, on voit ce qui se passe (à moins que le radiologue ne tourne son écran, moi, il ne l'a pas fait).
Et du coup, on voit un machin noir qui apparaît là où il ne devrait rien y avoir. (Vécu, là, on se dit "ouille", c'est quoi cette pastille?)
Ou pas, on ne voit rien et le toubib est détendu, voire sourit, dans ce cas tout va bien.

Ou on voit a tronche du radiologue, qui reste zen et calme, le pôvre, il a l'habitude...
Néamoins, un sourcil se fronce, il repasse, il pétrit la totote, il change l'angle de son petit machin qu'il promène sur votre poitrail dénudé...
Ouille ouille ouille. ça craint, ça craint.
Mais à ce stade, tout va encore bien, vu qu'il ne dit pas que tout va mal.

Dernières secondes de la vie d'avant, en somme.

Car, à ce moment- là, il vous dit qu'il y a quelque chose et qu'on va faire une biopsie tout de suite (qui n'est pas sur la prescription... là ça craint vraiment).
Anesthésie locale, ponction, au revoir madame (monsieur)*, on enverra les résultats à votre gynéco (à celui qui a demandé la mammo et l'écho, en fait).

Et on re-attend, quelques jours. Etre malade, il faut le savoir, c'est attendre, entre autres.
Voir dans l'épisode 1 comment flipper moins, car c'est clair, on flippe.

En même temps, on a le temps de s'habituer tout doucement à l'idée... C'est "ça", mais il reste encore un soupçon d'espoir que "ça" soit bénin, ou que l'échographe ait été défectueux, ou le toubib pas dans son assiette (carrément bourré ? oups)... ou...Bref, on attend.

Et paf ! Un jour, (moi c'était le jeudi pour une biopsie faite le lundi), le téléphone somme, c'est le médecin prescripteur initial (ma gynéco, donc) qui appelle pour vous recevoir tout de suite très vite, (faut pas exagérer, non plus, c'est un médecin, hein)

 

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mammo0033 Bon, on voit qu'une radio, au scan, c'est pas top, mais les ombres blanches, c'est normal, ce qui ne l'est pas c'est le gros trou noir au bord : voilà la tumeur.
Je vous fais grâce de l'écho, c'est encore pire, question visibilité, que kouik !

Ben voilà, l'espoir que ce ne soit pas "ça" est déçu, on va devoir compter avec Dark Vador, une nouvelle vie commence !

dark-vador

 

A suivre...

* Le cancer du sein atteint, très rarement, certes, les hommes aussi.