Depuis jeudi 23, date de ma pénultième chimio, je suis allée :

- en Allemagne
- en Australie
- au Mali
- au Canada
- et enfin...dans le 9-3 !

- Et je suis présentement entre Londres et Amsterdam !

Vous êtes épatés, non, ça y est, je suis le cap'tain Kirk ! Je me télétransporte ! Magique !

kirk-vs-gorn

Le moyen de faire autrement ? J'ai peur de l'avion, je vous rappelle...

Cette femme est folle, pensez-vous ?

Ben oui, mais ce n'est pas un scoop, il y a longtemps qu'on le sait : il n'est point de génie sans un grain de folie.
Mon grain ressemble fort au K2000, mais c'est pas le sujet.

Faute de St Michel terrassant le dragon, je terrasse Gorn ?

Ben non !

Je lis, of course !

Quand je ne suis pas trop naze, parce que parfois, même lire me fatigue, on aura vraiment tout vu avec ces p*****s de chimios !

Or donc, j'ai lu :

La mort entre autres de Philippe Kerr, dont le fond de commerce serait le post-nazisme de l'après-guerre, semble- t-il. Première fois que je lisais cet auteur. J'ai appris plein de choses sur la vie des Allemands dans la République Fédérale nouvellement créée, les purges, les procès, entre 1945 et 1950.
Regard distancié d'un nazi-malgré-lui, puisque dans la police avant la création de la SS, entaulé d'office dedans lors de la "restructuration" des forces de l'ordre (nouveau).
Le gars embrasse la profession de détective et se fait embringuer dans un truc de oufs.

la mort entre autres

J'y ai découvert les traques des nazis par les Israëliens, le bizness des départs pour l'Argentine de Peron etc... (je savais que ça avait existé, quand même, suis un peu culturée, mais un petit plus, c'est bien aussi.)

Le tout emballé avec juste la dose d'humour qui va bien sur un sujet aussi grave.

Bon, je ne vais peut-être pas lire 15 bouquins du même auteur, s'ils sont tous du  même tonneau.

 

 

L'ivresse du Kangourou de Kenneth Cook : des nouvelles désopilantes sur des personnages haut en couleur, et plein de détails sur la vie dans le bush ! Morte de rire, et culture générale, car là, c'est sûr, j'irai jamais, trop loin, trop d'avion !

kangourou

 

 

Mali-mélo (Le Poulpe) de Alain Leygonie : comme d'hab, Le Poulpe, un peu expurgé dans les détails du personnage (tout dépend de l'auteur, cette série étant écrite par plein d'auteurs différents, c'est ça le truc original).
Plein de descriptions de la brousse Malienne, par contre, beau beau.
Plein d'aventures sexuelles ou non du mec Lecouvreur alias le Poulpe, mais, malgré mon épuisement (c'est de la lecture pour personne épuisée, on lit, c'est tout, on ne réfléchit pas), j'avais deviné l'astuce pas loin du début. Donc... mouais. J'étais pas si épuisée que ça, solide la meuf ! D'autres ont écrit de meilleurs Poulpe.

Mali mélo_

 

 

Originaux et détraqués de Louis Fréchette : encore 12 portraits de personnages haut en couleur, mais cette fois du milieu à la fin du XIXème siècle, et dans un style forcément vieilli. Louis Fréchette nous cause de Québécois un peu frappadingues (voire carrément cinglés). Rigolo et... la Belle Provâhince comme si vous y étiez (en ce temps-là ! 1892 et avant )

originaux


Ce livre m'a rappelé une fresque romanesque mais sérieuse, en 3 tomes, que j'ai lue en début d'année, sur des sage-femmes au même endroit (enfin à Montréal, vu d'ici, hein, c'est pareil). L'une d'entre elle se bat pour devenir médecin. Très très beau livre, sur le combat des femmes avant la création du mot "féminisme", plein de détails sur la vie rude au Canada Français sous domination Anglaise, mais j'ai oublié le titre et l'auteur, je rechercherai à l'occase, un des inconvénients du Kindle, c'est que quand on a fini un bouquin, on le jette pour faire de la place, et après, des fois, on regrette.  Mais il doit encore être sur le disque dur des livres, relié à l'ordi de mon namoureux.

 

Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, de Thierry Joncquet.

Le titre est un vers emprunté à par l'auteur à Victor Hugo, qui évoquait le peuple vs les grands bourgeois lors de La Commune.
Je ne l'ai pas trouvé toute seule, c'est dans le bouquin.
Balade dans le 9-3 du XXIème siècle, dans une ville fictive, dans des cités "difficiles". Une jeune prof (juive !) sortant de l'IUFM, balancée dans un collège dont les "apprenants" (c'est comme ça qu'on dit élèves dans les IUFM qui viennent encore de changer de nom soit dit en passant) sont en majorité musulmans...
Des enfants attachants, d'autre beaucoup moins, les profs et leurs manies et leus syndicats (domaine familier pour moi, la fille d'instit), mais surtout, sous prétexte de thriller assez peu aïe aïe aïe, (j'ai lu bien pire) une belle étude de société, très bien documentée, sur la violence des banlieues, le recrutement des jeunes pour la Djihad, comme c'est facile et simple de basculer de l'état de collégien moyen à celui de terroriste en herbe, sur fond de rappels d'évènements hélas bien réels et récents dans des vraies cités de la grande couronne à des années-lumières d'Auteuil-Neuilly-Passy, malgré la ville voisine tout à fait dans ce moule-là, et peuplée de feujs (les juifs, en mode rap).

Le tout, sans parti pris de l'auteur a priori.
Il énonce des faits.
Impuissance du corps enseignant, des parents, des flics, dans des lieux de vie complètement délaissés, livrés à la guerre des gangs.
Encore un plus pour ma pauvre culture générale, moi qui bosse, (quand je bosse) dans une cité difficile du même acabit en Province, eh bien, ça m'éclaire la lanterne à défaut de me faire adorer le quartier que je traverse pour aller gagner ma croûte.

En même temps, pas de scoop non plus, on le sait, tout ça. Mais écrit noir sur blanc, exprimé très clairement. Voilà.

épouvante et crainte

Et là tout de suite, quand j'aurai fini ce billet, je me remets à

Amsterdam de Ian Mc Ewan, qui pour l'instant, (à 77% de l'ensemble du bouquin, oui, le Kindle parle en %, vu qu'on peut changer la casse et tout ça, il n'y a pas de numéros de pages) se passe à Londres et les Montagnes Anglaises.
C'est à Amsterdam que doit se jouer pour la première fois une symphonie que son compositeur semble mal barré pour parvenir à écrire le final. En gros, mais je ne "spoile" pas, j'ai pas fini.

Pas mal. J'aime bien cet auteur dont j'ai déjà lu "Sur la plage de Chesil". Persévérer dans la découverte de son oeuvre !

Amsterdam