images

Hé oui, farpaitement !

Dans mon billet précédent, c'était la cata, rappelez-vous ! Ma prise de sang azimutée !

Hé ben non, on s'en fout !
Dixit le docteur R de C, ma chère oncologue, avec qui j'ai papoté déco, malades difficiles (pas moi, lalalère) et accessoirement cancer pendant plus d'une heure, (et accessoirement de MON concer),  tout ça pendant que Gazelle Jolie qui avait oublié ses clés après que je l'eusse déposée chez le dentiste, poirautait (à l'ombre sur la terrasse, elle avait fait en mur en mini-jupe, respect total ma puce)...

Seuls mes polynucléaires neutrophiles sont importants dans c't' affaire apparemment, et comme ils sont en surnombre, j'ai eu droit à la fiesta prévue !

"Et une demi-heure de marche, c'est le maximum quand on est en chimio, ma chère petite madame, on ne crapahute pas sur des rochers et des galets pendant une heure ! "
Ce que j'avais fait, (sportivement, voir photo) en famille à Audresselles dimanche pour digérer les moules-frites, même que j'ai cru m'évanouir en m'asseyant dans la voiture !

IMG00255-20130721-1410

IMG00252-20130721-1409

IMG00258-20130721-1435

Bon, ça c'est dit ! Cela dit, plus je la vois et plus je la trouve sympathique et cool, cette toubib !

Et pour l'instant, cette nouvelle chimio, ça va. Bouffées de chaleur cet aprem, des zou zou dans ma tête quand je bouge trop vite, à part ça, je suis fatiguée, quelle surprise, n'est-ce-pas !
Paraît que ça va empirer, mon namoureux exclut le départ en avion vacances dans le coin, ça c'est fait aussi !

Même plus de primpéran dans la poche de pré-médication, (qui dure une demi-heure, juste les deux autres trucs habituels, que je ne sais pas ce que c'est, faudra que je regarde, mais pas ce soir, dodo arrive)

Et une seule poche transparente qui passe en une heure seulement, du TAXOTERE, qui a un effet délétère sur les pieds et les mains entre autres : fourmillements, crampes...

Youpi, les crampes,je les avais déjà, alors je m'en fous un peu, (c'est la fââââtigue).
Et un risque pour les ongles, qui voudraient eux aussi des vacances ? Les crétins !

Donc j'ai eu droit à des gants réfrigérés cette fois. Aussi lourds que des gants de boxe, enfin, je crois, et aussi maniables.
Heureusement, j'avais mon kindle pour lire, il faudra vraiment que je vous fasse un topo (non sponsorisé) sur les avantages de cette merveille (et ses inconvénients, hein parce qu'il y en a aussi, la panne de batterie, par exemple qui me plonge dans une dépression profonde et absolue de quelques instants, car je ne peux en vouloir qu'à moi-même personnellement, si j'oublie de le mettre en charge)..

Mais, on peut tourner les papages de son livre, avec des gants de boxe ou assimilés, or essayez avec un vrai livre ! Vous m'en direz des nouvelles.
Quel bonheur ! Surtout que le mémé du box à côté avait mis TF1 à donf (j'aime déjà pas la télé en général, alors TF1, pensez donc : téléréalité sordide toute la matinée, et Jean-Luc Reichman à midi, réminiscence de cette hiver et de mes 2 mois en HP, où on avait "droit" à ce gugusse tous les midis à table, youpi youpi, rien de tel pour se régénerer les neurones malménés par un suicide raté, hein ?)

C'est quand même grâce à ce crétin patenté que je me suis rendue compte qu'il y avait un prob : mon taxman (charmant, Samuel, 32 ans, plutôt mignon, et avec les mêmes goûts musicaux que moi, toujours là à l'heure, voire à l'avance) devait arriver, m'avait annoncé ma charmante infirmière, vers 12h 15.

Et ma perf était INTACTE ! Pas une goutte dans mon port-à-cath ! Comme j'étais en plein dénouement de mon polar de ma très chère Phillis Dorothy (James), j'ai oublié de jeter un oeil pour voir où ça en était...Ce que je fais, d'habitude, mais comme il n'y a jamais de problème, ça coule tout seul, hein, cte fois-ci, relache, je n'avais pas le temps...
En plus, ça ne finissait pas du tout comme je l'avais prévu, et ça, j'adore ! Rien de plus triste qu'un polar dont on devine la fin dans le dernier tiers (et même avant pour les pires des pires dont je ne vous ferai pas l'injure de causer ici). Donc, j'ai des excuses ? Et puis, j'avais le temps, après tout, ce qui n'était pas le cas de ma pauvre infirmière si gentille qui courrait débrancher-rebrancher les patients à fond de train, vacances oblige, et 2 paires de gants latex par manoeuvre et par patient, à enfiler, à désenfiler, plus les casques et moufles réfrigérants, plus les emmerdeurs qui sonnent pour un oui ou pour un non (et y'en a qui cumulent avec TF1).
La pauvrette avait juste oublié de déclamper le cathéter quand elle a changé la poche. Je sais le faire, mais j'ai pas osé, de toutes façons, elle aurait bien vu que le débit de la perf n'avait pas respecté son temps imparti.

clamp

Et puis le matos a un peu évolué (le clamp pas du tout en apparence) depuis ma tentative d'études d'infirmières avortées voici déjà...35 ans (ça me rajeunit, ça tient ! )

Bon, on est repartie pour 1 heure de perf, j'ai commencé un polar particulièrement crétin et surtout très très mal traduit et plain de fôte d'oretaugrafe, (tellement que ce soir, si je ne l'avis pas déjà presque fini, je le laisserais tomber, tiens) sauf que j'avais plus mes moufles (décongelées) et que je n'ai pas pu en ravoir d'autres (pas encore recongelées pour cause de jet-lag de perfusion).

Mais j'avais (comme conseillé) vernis mes ongles (très mal, vu que je ne le fais jamais sur mes mains dont les ongles sont en pelle à tarte) de trois couches d'un magnifique prune profond laqué (faut mettre un verni foncé) et demain, j'aurai une huile espéciale que j'avais juste oublié de commander à temps, encore mea culpa, j'avais zappé.

Du reste, c'était pas mon jour : taxman en avance d'une demi-heure, (ni godasses, ni perruque, pas le temps de me maquiller).
Arrivée à l'accueil de la clinique, on ne m'attendait pas (pourtant le docteur R de C l'avait écrit devant moi dans son nordi hier midi), j'ai pris un café NON SUCRE et à 80 centimes (voleurs) et il était sucré (légèrement mais beurk).

Arrivée dans mon box, le dernier, sinon j'aurais dû me taper le "salon" (un box rempli de fauteuils - j'ai réussi à l'éviter jusqu'à présent - avec des mémères qui racontent leur vie et leur(ssss) cancer(sssss) et les complications(sssssssss), discours auquel j'ai déjà eu droit dans la salle d'attente de l'oncologue, même que depuis, en plus du kindle et des binocles, je prends mes écouteurs et j'écoute Léonard Cohen ou Moustaki, ça m'empêche de devenir une serial killeuse, ça me calme. Mais enfin, selon les infirmières, y paraît qu'y'en a qui préfèrent (???!!!!). Bon, faut de tout pour faire un monde, hein ?

Je veux régler l'adossoir de mon pieu pour bouquiner dans le confort, le lit était cassé, l'adossoir à plat (je soupçonne la clinique de recycler son matos déglingué au pavillon des cancéreux de jour), mais comme Mac Gyver, j'ai pu me débrouiller en roulant ma couette inutile en polochon, et en empruntant son oreiller au charmant vieux monsieur du box d'en face, qui lui, préférait le fauteuil.

Et enfin, le coup du clamp de perf ! Heureusement Sam avait été prévenu et était quand même dispo pour me ramener, ma Gazelle jolie m'attendait pour bouffer, et j'ai dormi (très bien, merci, toute l'après-midi)

Ben ouais, quoi, la vie est belle, finalement !

Mais je risque fort de dormir encore plus ! Donc pas d'inquiétude, si je cause pas, si je ne téléphone pas, c'est que je dors et que je soigne ma peau et mes courbatures prévisibles.

Merci de votre (vos) attention (s) qui me touchent E-NOR-ME-MENT (Caroline, Sonia, Catherine, Karine, Marie-France) pour les plus récentes...