décalquée

Aujourd'hui chimio...

L'ai déjà dit, ô fidèles lecteurs adorés et adorables, le redis juste pour les pas fidèles (psss) et les éventuels nouveaux (youpi ! )...

J'avais déjà eu cette impression mardi en me rendant chez l'onco...
Jamais avant, bizarrement, enfin, jamais à ce point-là, depuis que ce maudit cancer a envahi ma vie.

J'étais tranquille, j'étais pénarde, comme dirait l'autre, au volant de Twingo-Rose, à peine à l'heure, vu que d'habitude (oui la 4 ème fois, on a le droit de parler d'habitude), l'onco a une bonne heure de retard. Je savais que je voyais son remplaçant (elle est en vacances, l'ai déjà dit aussi etc.. etc...), mais les habitudes sont vite ancrées.

Bref, au volant de ma twingo rose (j'y tiens, elle est crop crop belle), en écoutant
(comme par hasard ? Et ben oui, c'était Classic 21)
"Show must go on" de Freddy Mercury (même qu'à mes funérailles, dans 40 ans, on me passera le requiem de Mozart, celui de Fauré et cette chanson-là, vais faire un testament, tiens - et puis vous aurez bien le temps de vous y emmnuyer, à mes funérailles, hé hé hé...)

Bref, d'un coup en arrivant à la clinique, me suis sentie zarbi, style, JE ME VOYAIS AU VOLANT, ARRIVANT A LA CLINIQUE, comme si je regardais la télé, ou que je faisais une expérience de mort imminente.
(
L'ai déjà faite, nananère, alors JE SAIS, ou bien j'étais décalquée, certes, argument accepté aussi, j'étais les 2)

vache

C'était moi, et puis c'était pas moi.
Mon esprit flottait au dessus de Twingo-Rose en pensant : "mais qu'est-ce que je fous là" ?

Ce n'était pas possible que MOI, j'aille voir un oncologue ? (pareil dans le taxi pour la chimio de ce matin glourps).

Etrange, non, les habitudes étaient pourtant.. etc... etc...
En même temps, cette impression n'est pas nouvelle, ça fait 45 ans (au moins) que j'ai l'impression de ne pas être la bonne personne au bon endroit au bon moment (en fait depuis le jour où je me suis demandée "pourquoi suis-je moi ?", quelle question bête, je suis en train de travailler à fond les manettes à la résoudre).

Je me souviens l'avoir eue, cette pensée, à l'hosto en réa néo-nat, puis aux funérailles d'Emilie quand je suivais, hébétée, le corbillard qui contenant son minuscule cercueil tout blanc, puis, parfois en me shootant, ou en picolant, ou en commettant une mauvaise action (ben quoi, suis pas parfaite, non plus) mais jamais aussi fort. (Ou alors, j'ai oublié, c'était il y a 34 ans. Et c'est tant mieux, il est temps)

La plupart du temps,c'était en moi, mais latent, confus, pas aussi présent...mais destructeur quand même, cela dit en passant...Moi et pas moi.

Bizarre, bizarre, pourtant, j'étais moi, mardi et ce matin, à la bonne place, au bon endroit, à la bonne heure...
Pour une fois !Suis perplexe...

bonne nuit(Parlez-moi d'MOI, y'a qu'ça qui m'rends perplexe...)