Hier après-midi dimanche, je faisais la sieste. Comme d'hab, me direz-vous avec raison. Certes.

sieste

Ok, sans les cheveux...Ne m'énervez pas... Dure semaine !


NOUS faisions la sieste (même pas crapuleuse), car mon namoureux avait tondu la nouvelle pelouse, très haute, avec sa petite tondeuse électrique, et il était fatigué aussi.

Voilà t-y pas qu'on sonne au portail en bas... Nous avons beau loger au second, quand on sonne en bas, ça s'entend comme les sirènes à midi, le premier mercredi du mois, dans ma contrée ex-industrielle...

Deux longs coups de sonnette... Bizarre, a priori nous n'attendions personne, à moi que Petite Soeur et moi ne nous soyons mal comprises, le matin même lors de nos échanges SMS...

Mon Grand Fils, plus véloce, vu que lui ne dormait pas, dévale (comme toujours, sait pas descendre doucement çui-là) son étage pour aller ouvrir...

Personne...

(Là je ménage le suspense, vous remarquez ?)

Comme sa chambre est située devant la maison, il jette un oeil par la fenêtre et voit un groupe de gamins qui jouent à faire du vélo...(En même temps, le dimanche après midi, pas grand chose d'autre à faire dans mon hameau.)

gosses à vélo

 

Dix minutes après, quand je commençais à retomber dans les bras de Morphée (mon namoureux, quand à lui, avait à peine moufté et repris ses ronflements quasi instanément, lors des premiers coups de sonnette, vraiment fatigué, pauvre chéri), rebelote, loooooooooonnnnnnnnnnnnnnnng coup de sonnette ! Ce coup-là, Grand Fils regarde tout de suite par la fenêtre et voit les gosses de disperser joyeusement comme une volée d'étourneaux, mais à vélo, pas à vol d'étourneaux.

Moi, dans l'intervalle, fumasse, j'avais descendu un étage. Grand Fils me lit "laisse tomber m'man (il ne dit pas "maman"), c'est encore ces crétins de gosses ".

Ahhhhhhhh... Oui mais non !

Ma maison a une entrée devant, sur la grand rue, et une entrée de service sur le côté, vu que nous habitons un angle de 2 rues perpendiculaires. (C'est pratique vu que les éboueurs prennent les poubelles côté rue perpendiculaire, mais je m'égare encore.)

Je n'avais bien sûr pas ma perruque, juste une casquette que je mets quand je suis à la maison, et j'étais vêtue de mon plus beau pyjama "Puka", en pilou, coloris citrouille d'Halloween délavé, dont le pantalon est imprimé de petits personnages "Puka" (si ça avait été des personnages "Hello Kitty", ce ne serait pas un pyjama "Puka", comprende ?)

J'ai ouvert la porte de service, par laquelle je suis sortie, j'ai traversé la nouvelle pelouse au pas de course (alors que j'étais naze depuis 3 jours), et j'ai surpris ces crétins de gosses garés dans la petite rue adjacente (côté porte se service, vous me suivez), et en train de se marrer comme des bossus. Z'avaient pas repéré que la porte de service appartenait à la même maison, ces nazes !

J'ai pris ma plus belle voix de stentor et poussé une gueulante style :

"P*****, (l'ai dit en vrai), vous allez nous foutre la paix maintenant avec vos sonneries, y'en a marre !!! " (Sic)
Y'en a une (la plus grande) qui a tenté de répondre "C'est pas nous madame..."

Je lui ai fort impoliment coupé la parole en hurlant :
"faut pas croire que parce que vous ne voyez pas dans la maison, nous on vous voit pas ? On voit tout à travers les rideaux, donc je SAIS que c'est vous !

Et puis, P***** (encore), j'ai une saloperie de cancer (grand geste pour enlever ma casquette, découvrant mon crâne presque chauve), j'ai besoin de repos, et si vous recommencez, j'appelle la police, on n'a pas le droit de faire du bruit, même en journée, si vous le saviez pas, à présent, z'êtes prévenus !!! "

J'ai remis ma casquette, je suis rentrée en claquant bien la porte comifo, et j'ai "pété une barre" (comme disent ces nazes de djeuns), adossée à la porte... en repensant qu'à dix ans, moi aussi je sonnais aux portes !


J'ai même, un jour, avec mon amie Anne, dont le papa avait le téléphone dans son bureau (chez moi, il n'y avait pas de téléphone du tout, je vous parle d'un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connnaître....), avec Anne donc, qui se reconnaîtra, (coucou ma belle) et dont le père n'occupait pour une fois pas son bureau, nous avions téléphoné à un grand nombre de pharmaciens des environs, bottin à l'appui, pour leur demander s'ils avaient des thermomètres, et à la réponse affirmative, nous répondions "et bien vous pouvez vous les f***** au c**, en raccrochant précipitamment (en ce temps-là, pas de présentation de numéros, ni de 3131 abusifs de la part des PTT qui ne s'appelaient même pas "France Télécom", encore moins "Orange")
Qu'est-ce qu'on avait rigolé, hein Nanou, tu t'en souviens  ? A en faire pipi dans sa culotte ou presque.

fille au telephone

Bref, mon intervention a été efficace, plus de sonneries intempestives, et je ne suis rendormie paisiblement (si on excepte les ronflements de mon namoureux, mais j'ai l'habitude, il  n'avait même pas entendu le second coup de sonnette) du sommeil du juste, avec le sentiment du devoir accompli...d'avoir mené à bien ma croisade anti-nuisances du jour.

Et sans aucun remord de conscience, après tout, tant qu'à avoir un cancer et la boule à zéro, autant que ça serve à rigoler un bon coup, je n'en aurai peut-être plus jamais l'occasion, vu que dans 10 mois, j'aurais des tifs de 2 cm environ !

Enfin, je crois ?