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Georges, vous êtes décédé ce matin, à Nice et à 79 ans.

Bien sûr, je suis émue par cette nouvelle, vous avez bercé toute ma vie, de mon adolescence à aujourd'hui, avec vos douces ballades, et vos chansons splendides, votre engagement qui répondait si bien à mes aspirations, votre poésie inégalable et nonchalante..., interprétés par vous même ou les plus grands noms de la chanson de la seconde moitié du XXème siècle.
Que dire de plus, qui n'ait pas déjà été dit, à la radio, à la télé ou sur le Net ?

Je suis émue, mais je ne suis pas triste, car vous avez eu, je crois, une belle vie, et fait le bonheur de millions de jeunes de ma génération et même des précédentes et des suivantes.

Vous étiez le dernier, après Brel, Brassens, Ferré, Ferrat, Barbara... pour ne citer qu'eux.

Je me revois, au Lycée de Jeunes Fillles - hé oui, les djeuns, j'ai connu un "Lycée de Jeunes Filles" tout ce qu'il y a de public, les garçons avaient leur propre lycée, pas très loin, mais pas tout près quand même, et en ce temps-là, nous étions scolarisés de la sixième à la Terminale dans le même bahut, enfin, c'est ce qui était prévu au départ dans mon cas. Il existait même le "petit lycée" où les élèves entraient au cours préparatoire... Mais je m'égare...

Je ne m'égare pas tant que ça, en fait, pour mes enfants, on va plutôt dire que je radote comme Mamie (rires).

Pour eux, les années 70 avant le premier choc pétrolier et après Mai 68, c'est la Préhistoire !

Je me revois donc, avec mon amie Anne, (coucou ma chérie ! si tu me lis) au Club de Guitare du Lycée, nous escrimant à 7 ou 8 avec nos guitares bas de gamme à reproduire vos jolis accords (et ceux plus basiques des chansons de colo). On en avait mal aux doigts, mais qu'est ce que c'était bien !

Je connaissais - et je connais encore - par coeur les paroles du "Métèque", "Il y avait un jardin", "Ma Solitude", Ma Liberté", "Joseph", "Le temps de Vivre ", "La carte du tendre" et tant d'autres de vos chansons.

40 ans ont passé et quand je les entends, tac, d'un coup, tout me revient, les paroles et les images, l'insousciance de nos 14 ans et des 30 glorieuses, et je les chante à tue-tête, avec un brin de nostalgie.

Que de souvenirs...Vos évocations nombreuses et variées, mais qui reviennent en boucle dans tous les médias, toujours à dire la même chose, quel que soit le gus qui parle du reste - heureusement qu'on passe aussi des extraits (trop courts) de vos chansons - ne vous auraient sans doute pas plu, si vous les aviez entendues, heureusement que ce n'est pas le cas ! Vous étiez un modeste.

Des années qu'on n'entendait quasiment plus parler de vous, sauf pour faire la promo de votre dernier bouquin ou annoncer l'annulation d'un concert car vous souffriez de troubles respiratoires.

Des années qu'on ne passait plus la moindre de vos chansons à la radio (sauf sur France-Inter, rendons à César, mais trop rarement)...

Et hop, voilà que vous décédez, et tout le monde se croit autorisé à mettre son grain de sel dans l'affaire... on ressort vos contemporains de leurs placards médiatiques dorés afin qu'ils racontent leurs rencontres, leurs souvenirs, et j'en passe !
ça m'énerve, mais alors ça m'énerve !!!!!

Donc, je suis émue, nostalgique, et en colère, mais pas triste parce que j'ai eu le bonheur d'aimer vos oeuvres, et que je les associe à mon bonheur passé, présent et futur...

Ah, un dernier mot : je suis AUSSI en colère sur moi-même, parce que ce midi à table, quand mes enfants m'ont regardée, je devais faire une sale tronche, enfin, encore plus sale que d'habitude.
- ça va Maman ?
- Bof... Moustaki est mort ce matin... à part ça tout va bien !
- Ah ? C'était qui ?

Moi qui pensais innocemment les avoir bien éduqués ! (rires)

Merci Monsieur Moustaki et à un de ces jours, qui sait ?

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Voici un lien qui coroborre mes propos !

http://coqdesbruyeres.fr/petite-bafouille-a-pascal-negre_casanova/